Chaque 30 septembre, la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation nous invite à nous souvenir. Mais la réconciliation ne peut pas se limiter à une journée de commémoration. Elle demande aussi d’écouter, d’apprendre et, surtout, d’agir.
Aujourd’hui, partout au Canada, nous rendons hommage aux survivantes et survivants des pensionnats autochtones, aux enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux, ainsi qu’aux familles et aux communautés qui vivent encore avec les conséquences de ces politiques coloniales. Cette journée est aussi l’occasion de réfléchir à notre responsabilité collective.
Il y a maintenant 11 ans, la Commission de vérité et réconciliation du Canada publiait son rapport final et formulait 94 appels à l’action visant à réparer les séquelles laissées par les pensionnats autochtones et le colonialisme. Plus d’une décennie plus tard, le travail est loin d’être terminé.
Mais lorsqu’on parle de réconciliation, il peut être facile de penser qu’il appartient uniquement aux gouvernements d’agir. Pourtant, plusieurs des appels à l’action interpellent directement ou indirectement nos milieux de travail, nos organisations et le mouvement syndical.
La réconciliation passe aussi par nos milieux de travail
Comme syndicat, notre responsabilité première est de défendre les droits des travailleuses et des travailleurs. Cela signifie aussi nous demander si toutes et tous disposent réellement des mêmes possibilités, du même respect et de la même sécurité dans leur milieu de travail.
Les travailleuses et travailleurs autochtones peuvent encore être confrontés au racisme, à la discrimination ainsi qu’à des obstacles systémiques en matière d’emploi, d’avancement et d’inclusion. Le mouvement syndical peut contribuer à faire tomber ces barrières. Cela peut passer par la négociation collective, par la formation, par la sensibilisation ou simplement par notre capacité à reconnaître une situation discriminatoire et à intervenir lorsqu’elle survient.
Autrement dit, la réconciliation peut aussi se construire autour d’une table de négociation. Cela peut se traduire très concrètement par des dispositions de conventions collectives favorisant l’équité en matière d’embauche, d’avancement et de maintien en emploi, mais également la sécurité culturelle et le mentorat des travailleuses et travailleurs autochtones.
Comprendre pour mieux agir
avons-nous quelles nations autochtones sont liées aux territoires où nous habitons et travaillons? Connaissons-nous l’histoire de ces territoires? Les traités qui peuvent s’y rattacher? Comprenons-nous réellement ce qu’ont été les pensionnats autochtones et les conséquences qu’ils continuent d’avoir aujourd’hui?
Ce sont des questions auxquelles nous pouvons commencer à répondre individuellement. Mais elles peuvent aussi devenir des sujets de formation et de discussion dans nos syndicats et nos milieux de travail.
La solidarité ne s’arrête pas au 30 septembre
Porter de l’orange aujourd’hui est un geste de mémoire et de solidarité. Mais le véritable défi commence peut-être demain. Parce que la réconciliation ne peut pas être une conversation que nous ouvrons une fois par année pour ensuite la refermer.
La vraie solidarité ne consiste pas seulement à être présents lorsque les droits de nos propres membres sont menacés, mais aussi à reconnaître les injustices vécues par d’autres et à contribuer, collectivement, à les faire reculer.
En cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, prenons donc le temps de nous souvenir.
Prenons le temps d’écouter. Prenons le temps d’apprendre.
Et demandons-nous surtout ce que nous pouvons faire, dans nos milieux de travail, nos syndicats et nos communautés, pour que la réconciliation continue bien après le 30 septembre.