Le 3 novembre dernier, quelque 300 militantes et militants de la FTQ et de ses syndicats affiliés se sont réunis à Laval pour donner le coup d'envoi aux consultations en vue de la prochaine ronde de négociations du secteur public. Parmi eux, des membres de l'UES 800 venus faire entendre leur voix.
La dernière ronde de négociations du secteur public a marqué les esprits. Des centaines de milliers de travailleuses et travailleurs se sont mobilisés à travers le Québec pour réclamer de meilleures conditions de travail et une plus grande reconnaissance de leur contribution à la société.
Trois ans plus tard, les organisations syndicales se préparent à reprendre le chemin des négociations. Mais les défis demeurent nombreux : manque de personnel, surcharge de travail, violence dans les milieux, difficultés de recrutement et de rétention, sans oublier les pressions budgétaires qui pèsent sur les établissements.
Une conviction demeure : on ne peut pas défendre la qualité de nos services publics sans défendre les personnes qui les font vivre.
Derrière les services publics, des personnes qui méritent d'être reconnues
Chaque jour, dans nos écoles, nos établissements de santé et nos services sociaux, des milliers de travailleuses et travailleurs contribuent au bien-être de la population québécoise. Leur travail est indispensable. Pourtant, les conditions dans lesquelles ces personnes doivent l'accomplir sont de plus en plus difficiles.
Lors de l'ouverture de la rencontre, Magali Picard, présidente de la FTQ, a rappelé que les services publics reposent avant tout sur les personnes qui les offrent. Pour attirer et retenir le personnel, il faut investir dans les établissements, améliorer les conditions de travail et reconnaître la contribution des travailleuses et travailleurs.
Cette reconnaissance sera au cœur des prochaines négociations.
Mais au-delà des revendications salariales, Marie Deschênes, présidente par intérim de l'UES 800, a tenu à rappeler la dimension profondément humaine des conditions de travail lors de son allocution d'ouverture :
«Lors des prochaines négociations, nous allons chercher à mettre plus d'argent dans vos poches pour améliorer votre qualité de vie et obtenir une meilleure reconnaissance du travail que vous accomplissez.
Mais au-delà des salaires, il y a aussi la protection des travailleuses et des travailleurs. La violence vécue dans les milieux de travail, la santé et la sécurité doivent aussi être au centre des discussions.
Le gouvernement demeure un employeur, et ce n'est certainement pas en cherchant à se soustraire à ses responsabilités par des projets de loi, qu'il remplira ses obligations.
Pour l'instant, on dirait que sa seule priorité est d'économiser de l'argent. Pourtant, il a aussi la responsabilité de prendre soin de ses travailleuses et travailleurs, de trouver des solutions concrètes pour s'assurer que personne ne rentre à la maison brisé par son environnement de travail.»
Des réalités différentes, des préoccupations communes
Au cours de la journée ont eu lieu des tables rondes consacrées aux enjeux propres aux différents secteurs.
En éducation, Jonathan Côté, membre de l'UES 800 au sein de la Commission scolaire Central Québec, a participé à la table ronde pour faire entendre les réalités vécues par le personnel de soutien scolaire.
Il a attiré l'attention sur une préoccupation grandissante : l'augmentation de la violence dans les établissements scolaires.
Il a également souligné les conséquences du manque de ressources pour répondre aux besoins des élèves. Une réalité qui se traduit, pour les membres du personnel, par une charge de travail accrue, des situations parfois difficiles à gérer et le sentiment de ne pas toujours disposer des moyens nécessaires pour offrir aux élèves l'accompagnement dont ils ont besoin.
Du côté de la santé et des services sociaux, les discussions ont surtout porté sur les difficultés liées à l'organisation des services et le manque de ressources pour répondre adéquatement aux besoins de la population.
Malgré les particularités de chaque secteur, plusieurs préoccupations se rejoignent : des salaires qui doivent suivre le coût de la vie, la reconnaissance des emplois, les horaires de travail, la conciliation travail-vie personnelle, la sous-traitance ainsi que la santé et la sécurité au travail.
Autant d'enjeux qui devront être pris en considération lors des consultations à venir.
Négocier dans un contexte différent
La prochaine ronde de négociations ne se déroulera pas exactement selon les mêmes règles que celle de 2023. Des modifications législatives ont changé la répartition des responsabilités entre les différents paliers de négociation. Des questions auparavant discutées à l'échelle locale seront désormais intégrées aux négociations sectorielles.
Ces changements rendent d'autant plus importante la préparation des demandes syndicales et la prise en compte des réalités vécues dans chaque milieu de travail.
La prochaine ronde s'amorce également dans un climat politique préoccupant. Alors que les discours en faveur de compressions importantes dans les dépenses publiques se multiplient, certaines propositions soulèvent aussi des inquiétudes quant à une place grandissante du secteur privé dans la prestation des services publics.
Pour les organisations syndicales, l'enjeu dépasse donc les seules conditions salariales. Il s'agit aussi de défendre les moyens nécessaires pour assurer des services publics accessibles, de qualité et capables de répondre aux besoins de la population.
La mobilisation, toujours aussi importante
La dernière ronde de négociations a démontré ce qui devient possible lorsque les travailleuses et travailleurs se mobilisent autour d'objectifs communs. Cette solidarité était au cœur des interventions de plusieurs responsables syndicaux réunis à Laval.
À la FTQ, cinq syndicats affiliés : le SCFP, le SQEES-298, le SEPB, les Teamsters et l'UES 800. représentent ensemble quelque 70 000 travailleuses et travailleurs du secteur public, répartis dans plus de 380 titres d'emploi.
Les discussions se poursuivent entre les organisations syndicales sur les différentes formes de collaboration possibles. Mais une chose est certaine : la mobilisation ne commence pas à la table de négociation. Elle se construit bien avant, en écoutant les membres, en partageant leurs préoccupations et en définissant ensemble les priorités.
Pour les membres de l'UES 800, cette période de préparation sera l'occasion de faire entendre leurs préoccupations et de contribuer à définir les revendications qui seront portées aux tables de négociation.
Les consultations amorcées le 3 novembre mèneront au dépôt des demandes syndicales prévu à l'automne 2027.
Nos services publics, on y croit!
La journée s'est conclue par le dévoilement de la campagne qui accompagnera les syndicats affiliés à la FTQ dans leur préparation : « Nos services publics, on y croit! »
Un message simple, mais porteur d'une conviction profonde.
Croire en nos services publics, c'est reconnaître leur importance dans notre société. C'est aussi reconnaître celles et ceux qui, chaque jour, les rendent possibles, souvent dans des conditions exigeantes.