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Camping Rivière-Ouelle : un rapport d’enquête préoccupant et des tensions qui perdurent 

09/09/2026
Communiqué de presse
Services et commerces

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Les travailleuses et travailleurs du Camping Rivière-Ouelle, représentés par l’Union des employé·es de service, section locale 800 (UES 800), ont reçu au cours des derniers jours le rapport d’enquête du ministère du Travail attendu à la suite du conflit de travail qui les a opposés à leur employeur cet été. 

La grève de 33 jours, qui s’est terminée le 3 juillet, avait été marquée par la présence de nombreuses personnes qui effectuaient du travail normalement accompli par les salarié·es en grève. Le syndicat avait porté cette situation à l’attention des enquêteurs du Minsitère du Travail dès le 5 juin. 

Onze personnes visées par le rapport d’enquête 

Le rapport d’enquête vient appuyer les préoccupations soulevées par les travailleuses et travailleurs pendant le conflit. Les enquêteurs concluent que onze personnes auraient contrevenu à certaines dispositions de l’article 109.1 du Code du travail concernant le recours à des travailleurs de remplacement. 

« Pendant la grève, nos membres voyaient des personnes accomplir leur travail et nous l’avons dénoncé. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement la parole des travailleuses et des travailleurs : il y a un rapport d’enquête qui documente la situation et formule des conclusions. Les règles entourant une grève ne sont pas des suggestions : elles doivent être respectées. On n’est pas au Far West! », affirme Frédéric Morin, conseiller syndical à l’UES 800. 

Plusieurs résidents saisonniers auraient notamment effectué des tâches normalement accomplies par les salarié·es en grève. Deux membres du conseil d’administration du Camping Rivière-Ouelle figurent parmi les personnes visées par les conclusions du rapport.  

« Même après l’intervention des enquêteurs du ministère, ça a continué. Les règles avaient pourtant été expliquées aux administrateurs du camping. Mais nos membres ont continué à voir d’autres personnes faire leur travail jusqu’à la fin de la grève. Au total, on estime qu’une vingtaine de personnes ont agi comme briseurs de grève pendant le conflit. À un moment donné, on ne peut plus prétendre qu’on ne savait pas », affirme Frédéric Morin, conseiller syndical de l’UES 800. 

Il appartiendra maintenant au Tribunal administratif du travail de statuer sur la situation. Une première audience est prévue le 15 octobre prochain. 

Une déclaration de travail payé comptant 

Le rapport fait également état du témoignage d’une personne affirmant avoir été payée comptant pour seize heures de travail. Selon les informations consignées au rapport, ces heures n’auraient pas été déclarées. L’employeur nie cette affirmation. 

Pour l’UES 800, cet élément soulève des questions sérieuses qui dépassent le seul cadre des relations de travail au camping et qui devront être examinées par les autorités compétentes. 

Des tensions persistent malgré une première convention collective 

À la suite de l’entente ayant permis de mettre fin à la grève et de conclure une première convention collective, les travailleuses et travailleurs espéraient pouvoir tourner la page et amorcer une nouvelle relation de travail avec leur employeur. Deux mois après le retour au travail, la situation demeure toutefois préoccupante. 

Deux membres sont actuellement en arrêt de travail, deux fins d’emploi sont contestées et de nouvelles plaintes se sont ajoutées à celles déjà déposées. 

« Les membres espéraient sincèrement un nouveau départ après tout ce qu’ils ont traversé. Leur demande est pourtant simple : pouvoir faire leur travail dans un milieu où leurs droits sont respectés et où ils se sentent en sécurité. Qu’est-ce que ça va prendre pour qu’on puisse enfin y arriver? » ajoute Frédéric Morin. 

L’UES 800 réitère sa volonté de privilégier le dialogue afin de rétablir des relations de travail saines et durables au Camping Rivière-Ouelle. Cette volonté ne peut toutefois se faire au détriment des droits des travailleuses et travailleurs. 

« Nous préférerons toujours régler les problèmes autour d’une table. Mais si nous devons nous présenter devant les instances compétentes pour faire respecter les droits de nos membres, nous le ferons chaque fois que ce sera nécessaire, jusqu’à ce que le message passe », conclut Frédéric Morin.