Press release
Crise au Camping Rivière-Ouelle : congédiements contestés et allégations de harcèlement 

1 May 2026

Une situation préoccupante secoue actuellement le Camping Rivière-Ouelle, où plusieurs employé·es dénoncent un climat de travail devenu insoutenable, marqué par des allégations de harcèlement et une série de congédiements vivement contestés par l’Union des employé·es de service (UES800), affiliée à la FTQ.

Face à la situation, une assemblée extraordinaire des membres s’est tenue en soirée afin de faire le point et de déterminer les prochaines étapes. Un mandat de grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée y a été adopté à 87 % des membres présents.

Le syndicat tient toutefois à préciser que les actions envisagées ne visent en aucun cas la clientèle ni les travailleuses et travailleurs saisonniers. Elles visent plutôt à faire reconnaître les droits des membres touchés et à assurer des conditions de travail respectueuses et sécuritaires pour toutes et tous.

Des gestes dénoncés, une enquête attendue

Depuis 2025, des membres du personnel rapportent avoir été témoins ou victimes de gestes jugés inappropriés, notamment des contacts physiques non désirés et répétés sur les lieux de travail.

Le 9 avril dernier, ces situations auraient été portées à l’attention de Benoit Martin, président du conseil d’administration de la Corporation touristique de Rivière-Ouelle, dans une démarche visant à faire respecter le droit fondamental des travailleuses et travailleurs à la dignité et à l’intégrité au travail.

« Malgré la gravité des faits allégués, aucune enquête formelle n’a été mise en place par le conseil d’administration pour faire la lumière sur la situation et assurer un environnement de travail sain et sécuritaire. On sent plutôt que l’employeur veut se débarrasser du problème », souligne Frédéric Morin, conseiller syndical de l’UES800.

Des employés d’expérience et une représentante syndicale congédiés

Dans les jours suivant ces événements, deux des employés ayant déposé des plaintes pour harcèlement, cumulant chacun plus de 35 ans de service, ont vu leur emploi prendre fin abruptement. Le conseil d’administration affirme qu’il s’agirait de démissions, une version vivement contestée par les employés concernés et le syndicat.

La situation a pris une tournure encore plus préoccupante lorsque la présidente de l’unité syndicale, Nancy Gagné, a elle aussi été congédiée par le conseil d’administration, après s’être présentée sur les lieux de travail dans l’exercice de ses fonctions syndicales.

« Tout ce que je demande, c’est du respect et de la reconnaissance pour des membres qui ont donné des années à cette organisation. Aujourd’hui, ce respect est sérieusement remis en question », affirme Nancy Gagné, présidente de l’unité syndicale.

« Cette décision est particulièrement grave, puisqu’elle touche directement à l’exercice des droits syndicaux », ajoute M. Morin

Des griefs ont été déposés afin de contester ces congédiements, de demander la réintégration des personnes concernées et d’obtenir le remboursement des pertes subies.

Un climat de travail à reconstruire

Ces événements surviennent dans un contexte de changements à la direction du camping. Le syndicat estime que cette transition aurait dû s’accompagner de mesures visant à apaiser le climat de travail et à traiter sérieusement les préoccupations soulevées par les membres.

Les personnes visées sont bien connues dans leur milieu et y ont œuvré pendant de nombreuses années.

« Cette situation doit être prise avec tout le sérieux qu’elle mérite. Les enjeux soulevés ont un impact direct sur le climat de travail. Nous invitons l’employeur à poser les gestes nécessaires pour corriger la situation rapidement », conclut Marie Deschênes, présidente par intérim de l’UES800.

Le syndicat réitère sa volonté de voir la situation se régler dans un cadre respectueux et constructif, dans l’intérêt des travailleuses et travailleurs, mais aussi de l’ensemble du milieu.