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Retour sur le 34e congrès de la FTQ 

27 November 2025

Du 24 au 27 novembre 2025 se tenait le 34e congrès de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, un moment charnière où les 33 organisations syndicales affiliées se rassemblent pour débattre et voter sur plus de 150 résolutions. Pendant quatre jours, des centaines de déléguées et de délégués ont exercé leur droit démocratique, portés par les discussions, mais surtout par une volonté commune de défendre les droits des travailleuses et travailleurs.

Une semaine qui commence sur le terrain

Avant même l’ouverture officielle du congrès, l’UES 800 était déjà en action. Le lundi matin, notre présidente par intérim, Marie Deschênes, prenait la parole à l’Assemblée nationale du Québec lors d’une conférence de presse aux côtés du député Alexandre Leduc. Ensemble, ils ont rappelé l’importance fondamentale des décrets de conventions collectives, alors que des informations laissaient entendre que le ministère du Travail envisageait leur abolition. Dès le départ, le ton de la semaine était donné : vigilance, mobilisation et défense proactive de nos acquis collectifs.

Un congrès sous haute tension politique

Photo : Simon Clark

Le congrès s’est déroulé dans un contexte politique particulièrement tendu. À l’automne 2025, les projets de loi 1, 2 et surtout 3 ont cristallisé la colère du mouvement syndical. Le dialogue avec le gouvernement de la CAQ était rompu, et cette fracture s’est pleinement reflétée dans les débats.

Sans surprise, une résolution d’urgence a été adoptée à l’unanimité : celle portant sur la défense de l’autonomie syndicale et du droit à l’action politique. Un message clair envoyé au gouvernement : les syndicats ne resteront pas silencieux face aux tentatives de limiter leur rôle et leur capacité de représenter les travailleuses et travailleurs.

La voix de l’UES 800 au cœur des débats

Photos : Simon Clark

Tout au long du congrès, les membres de l’UES 800 se sont levés pour défendre des résolutions profondément ancrées dans les réalités du terrain, notamment :

  • la défense des travailleuses et travailleurs face aux tarifs
  • la protection des travailleurs migrants temporaires
  • la défense des décrets de conventions collectives
  • l’accès à un logement abordable
  • la justice reproductive
  • la francisation offerte et payée sur les heures de travail
  • la stabilité du financement en éducation
  • et la poursuite de la mobilisation contre les projets de loi qui fragilisent les droits syndicaux

Ces interventions ont rappelé que derrière chaque résolution, il y a des vies, des conditions de travail bien réelles et des luttes quotidiennes.

Commission parlementaire et solidarité assumée

Photo : Simon Clark

Le mardi, pendant que le congrès se poursuivait, la présidente de la FTQ, Magali Picard, était entendue en commission parlementaire sur le projet de loi 3. Elle a exprimé sans détour son opposition à un projet de loi qui limite les droits de représentation des syndicats. Si le ton a été critiqué par certains observateurs, il a été chaleureusement applaudi par les délégués le lendemain. Pour les membres, le message était clair : face à un projet de loi profondément défavorable, la complaisance n’était pas une option.

Photo : Pascal Ratthé

Cette solidarité s’est aussi manifestée lorsque les travailleuses et travailleurs en conflit chez Beaulieu Canada sont venus témoigner de leur lutte. Accueillis sous une salve d’applaudissements, ils ont rappelé que le congrès est aussi un lieu où les conflits prennent un visage humain.

Au-delà des débats formels, le congrès a aussi été marqué par des moments plus rassembleurs. Le lundi soir, les membres de l’UES 800 ont tenu leur caucus afin de faire le point sur les enjeux à venir, d’échanger sur leurs positions et de renforcer leur cohésion.

Une direction confirmée, une mobilisation qui se poursuit

Photo : Pascal Ratthé

Sur le plan démocratique, les élections ont confirmé Magali Picard à la présidence de la FTQ, à l’unanimité. Olivier Carrière a quant à lui été élu secrétaire général, prenant la relève de Denis Bolduc.

En clôture du congrès, les déléguées et délégués se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale pour une manifestation sur l’heure du midi, donnant un avant-goût de la grande marche intersyndicale qui suivrait le samedi. Un rappel fort adressé aux élus : le mouvement syndical est debout, organisé et prêt à se faire entendre.

Ce 34e congrès de la FTQ restera comme une semaine dense et profondément mobilisatrice. Pour l’UES 800, il a été l’occasion de faire entendre ses priorités, de défendre les intérêts de ses membres et de tisser des liens qui dépassent les frontières des unités et des organisations. Une chose est claire : malgré les tensions, la solidarité syndicale demeure bien vivante !